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10 ans déjà !

éditions
94 spectacles venus de

40 pays différents
226 représentations dans la Métropole,
159 représentations en tournée régionales, nationales et européennes (Suisse, Allemagne, Pologne, Belgique,  Pays-Bas et Espagne)

10 ans de programmation paritaire :

C’est, en 2017, le Prix de la Coalition française pour la diversité culturelle.

C’est la création de l’Ecole éphémère en partenariat avec l’ENS-Lyon en 2017

C’est un réseau de partenaires lyonnais et métropolitains fidèles et solides rendant désormais possible l’accueil de plus de 20 spectacles par édition.

C’est la découverte et/ou l’accueil de metteurs en scène, auteurs et acteurs de grande force qui ont marqué chacune des éditions : De Krymov à Larraín, de Calderon à Farias, de Langhoff à Rau, du Teatr
Aftaab aux jeunes Cambodgiens de Battambang…

C’est, venues de Russie, du Chili, du Rwanda, de Pologne, d’Egypte et de toutes latitudes, des femmes metteures en scène, autrices, actrices qui pratiquent avec talent et contre vents et mar.es un théâtre qui dit non. Elles sont invitées, nous les suivons et les accompagnons autant que possible. Tatiana Frolova et le Teatr KnAM, bien sûr, mais aussi Paula González Seguel qui reviendra avec son KIMVN Teatro, Marta Górnicka déjà invitée trois fois, Carole Karemera, Sondos Shabayek, Chryst.le Kodhr, Sanja Mitrovic et tant d’autres artistes « debout »…

Comme leurs homologues masculins nous les mettrons à l’honneur dans les manifestations latérales consacrées sans nostalgie aux 10 ans du Festival.

Sens interdits du théâtre qui dit non et donne de l’espoir !

 

10 ans déjà ! Espoir et utopie…

Tout va mal !

Comment l’ignorer alors que médias et réseaux sociaux déversent des torrents d’informations catastrophiques sans répit et tous azimuts. 

Actualités sans fin, sans freins, sans tri. Jusqu’au dégoût ! 

Alors, pourquoi rajouter encore à la déprime collective avec du théâtre d’urgence, du théâtre documentaire, citoyen, engagé, politique qui nous parle de viols, de prisons, de génocides, de minorités malmenées, de faibles violentés par de plus forts ?

Certainement parce que, comme l’a écrit Antonin Artaud, « tout ce qui est dans l’amour, dans le crime, dans la guerre, ou dans la folie, il faut que le théâtre  nous le rende, s’il veut retrouver sa nécessité ».

Mais aussi parce que le théâtre  impose son tempo, raconte une histoire, change les angles de vue, installe le désordre pour mieux laisser le spectateur libre, au milieu des autres, d’une analyse autonome ou partagée.

Donc le théâtre  comme antidote au flot continu d’actualités ?

Sans aucun doute !

Ceux qui ont vu Opus 7de Dimitri Krymov en 2009, Une guerre personnelle de Tatiana Frolova en 2011, Maudit soit le traître à sa patried’Oliver Frljić en 2013, Hate Radiode Milo Rau en 2015, Acceso de Pablo Larraín en 2015, ou Transfrontalierde Snake en 2017, comprennent beaucoup mieux, depuis, les mécanismes de l’antisémitisme en URSS, la réalité de la guerre en Tchétchénie, les divisions toujours vives dans les Balkans, le mécanisme diabolique qui a conduit au génocide au Rwanda, la pédophilie dans l’Église au Chili et ailleurs ou l’indicible réalité des migrants aux portes de l’Europe. Chacun de ces spectacles, comme la plupart de ceux programmés dans les cinq éditions du Festival proposaient, dans leur langue et avec leurs propres codes culturels, des regards souvent décentrés et inattendus sur des problématiques universelles que beaucoup croyaient connaître.

Le but n’a pourtant jamais été de faire découvrir tel ou tel aspect exotique d’une histoire locale mais bien de donner à voir du théâtre , à découvrir des regards singuliers d’artistes, des préoccupations culturelles et sociales aux antipodes des nôtres, des savoir-faire déroutants mais aussi des engagements exemplaires et possiblement contagieux, des révoltes inspirantes.

Mémoires, identités, résistances !

Vous avez été près de 12 000 lors de la dernière édition à suivre cette incitation à la curiosité et, parmi vous, 42% avaient moins de 26 ans. C’est cette adhésion des plus jeunes qui nous encourage et donne de l’espoir.

C’est le travail déterminé d’artistes engagés corps et âme dans leur projet qui donne tout son sens à la patiente marqueterie qu’est une programmation. C’est la confiance d’un réseau toujours plus large de partenaires métropolitains, nationaux et européens qui permet de faire circuler largement des spectacles fragiles et, de mutualiser les charges de spectacles plus lourds.

Je souhaite que chacun et chacune puisse trouver son chemin dans la programmation de cette édition des 10 ans, organisée en cycles (Russie, Mexique, Afrique), traversée par des fils rouges (Monde du travail, Femmes en résistance, Exils et conflits), faisant place à un inclassable spectacle polonais, à deux spectacles dans l’espace public et à un hommage à l’Ecole de Liège dont l’un des spectacles, jubilatoire, ne propose rien de moins, en clôure du Festival, qu’une tentative d’utopie.

Espoir donc !

Patrick Penot